Selon certaines perspectives critiques sur la Guinée, l’usage du pouvoir militaire peut engendrer des effets néfastes tels que la répression, la limitation des libertés individuelles et des coûts économiques importants. Toutefois, contrairement à ces perspectives, moi je soutiens que dans des contextes particuliers, comme en Guinée, le pouvoir militaire peut apporter des bénéfices, tels qu’une stabilité politique, une meilleure sécurité, une réponse rapide aux crises et le développement de compétences professionnelles. Voici quelques avantages du pouvoir militaire. La stabilité et la sécurité : Dans les situations de conflit ou de chaos, une intervention militaire peut apporter une certaine stabilité et permettre de rétablir l’ordre, assurant ainsi la sécurité des populations.
La réponse rapide aux crises : L’armée est souvent mieux équipée et formée pour répondre rapidement aux catastrophes naturelles, aux urgences humanitaires ou aux menaces externes, contrairement à d’autres institutions civiles. Le développement de compétences : Le service militaire peut fournir une formation intensive, développer des compétences techniques, de leadership, et des valeurs comme la discipline et le travail d’équipe, qui peuvent être transférables dans la vie civile. La coopération internationale : Les forces armées peuvent jouer un rôle dans les opérations de maintien de la paix et de coopération internationale, contribuant à la sécurité et aux stabilités nationale et mondiale.
Les avantages économiques et sociaux : Le budget militaire peut stimuler l’économie en créant des emplois et en soutenant des industries. De plus, les militaires peuvent bénéficier de salaires plus élevés, d’avantages sociaux (logement, soins de santé) et d’opportunités de formation. La protection des intérêts nationaux : Dans certains cas, le pouvoir militaire peut être nécessaire pour protéger les intérêts nationaux, que ce soit par la défense territoriale ou par la projection de force à l’étranger.
En ce qui concerne la préoccupation relative au septennat, les accusations de non-respect de la charte de transition de la part du Président bâtisseur Mamadi Doumbouya, ainsi que les interprétations erronées des données provisoires du recensement de la population, je considère que :
Du recensement, les Guinéens disposent encore de temps pour s’enrouler, puisque le logiciel de centralisation n’affiche que les informations qu’il a réceptionnées. Comment souhaitons-nous que les individus non recensés soient intégrés dans les statistiques ? Voilà pourquoi kankan est plus peuplé que Conakry ainsi que toutes les régions du pays. La population de kankan s’est recensée massivement.
Du septennat, je pense qu’il ne sert à rien de se plaindre, car dans certains pays européens, le mandat présidentiel reste fixé à 7 ans, comme par exemple en Italie et en Irlande. En Italie, le président est élu par les chambres réunies, comprenant des représentants régionaux, et le système est de type parlementaire. De plus, en Pologne, sous l’ancienne Deuxième République, le mandat présidentiel était également de 7 ans, mais l’élection se faisait par suffrage indirect. La France a également connu le septennat, avec une durée moyenne de présidence d’un peu plus de cinq ans pendant la Troisième République, six ans sous la Quatrième République, et finalement huit ans et demi pour la Cinquième République. Cela montre qu’il n’est pas inintéressant d’explorer cette pratique en Guinée, car le pays est en pleine phase de refondation et de rectification institutionnelle qui sous-entendent l’essai de nouvelles pratiques et abandonner les anciennes.
À ce jour, plusieurs pays africains pratiquent le septennat. D’autres même tendent désormais vers l’expérimentation de la pratique
– Le Cameroun : le Cameroun a un régime présidentiel avec un septennat, confirmé par un scrutin à suffrage universel direct.
– Le Gabon : le Gabon a également opté pour le septennat, après une période où il était limité à cinq ans.
– Le Sénégal : le Sénégal avait inclus le septennat dans sa Constitution.
Des pays africains tels que le Congo-Brazzaville et le Burundi ont débattu de la durée des mandats présidentiels, en se concentrant sur la possibilité de maintenir ou d’introduire un septennat. C’est pour dire qu’il s’agit d’un mouvement d’irrigation qui touche différents pays à l’échelle mondiale orientés vers le septennat. Quelles raisons expliquent alors que la Guinée doit être une exception à cette innovation malgré la mondialisation en cours ?
Un mandat présidentiel plus court comme le Quinquennat, peut conduire à une plus grande fréquence des élections présidentielles, ce qui pourrait potentiellement entraîner une instabilité politique ou un changement de majorité gouvernementale plus fréquent. Cela pourrait également donner plus d’importance aux préoccupations électorales dans les actions du président, réduisant potentiellement sa capacité à prendre des décisions difficiles mais nécessaires. Des malentendus et les critiques liées à une supposée tentative de non-respect d’un engagement ou d’une clause de la charte de transition par le Président bâtisseur Mamadi Doumbouya, je pense qu’il est essentiel de distinguer le contenu du contenant, ainsi que la différence entre une convention et une loi adoptée et promulguée, ou entre une note de service et un décret présidentiel en ce qui concerne le pouvoir judiciaire. Qu’est-ce qui annule l’autre ?
La Charte de la transition n’est qu’un document juridique provisoire. Elle a été adoptée pour encadrer la période de transition politique, après le coup d’État du 05 septembre 2021. Quant à la Nouvelle Constitution : elle est le texte fondamental qui définira les règles de fonctionnement de l’État après son adoption et sa promulgation. La nouvelle Constitution de Guinée deviendra applicable à partir de la date de sa promulgation suite à l’adoption par référendum, prévu pour le 21 septembre 2025.
N’est ce pas le projet de nouvelle constitution guinéenne met l’accent sur l’égalité de chances, de droits et de devoirs pour tous les citoyens ? Il consacre l’égalité devant la loi et assure à chacun les mêmes opportunités, tout en définissant des devoirs spécifiques pour la sauvegarde de l’ordre public et le respect des droits d’autrui.
En ce sens, oui, l’approbation d’une nouvelle Constitution en Guinée abrogera juridiquement la Charte de la Transition. Une nouvelle Constitution, si elle est adoptée, remplacera la Charte comme loi fondamentale du pays. Larticle 40 de la Constitution énonce que « tout citoyen guinéen, homme ou femme, âgé de trente-cinq (35) ans au moins, jouissant de ses droits civils et politiques et remplissant les conditions déterminées par la loi organique, peut être candidat à la présidence de la Républiques ». La nouvelle Constitution, qui servira bientôt d’ordre juridique de référence et qui fixe les conditions d’éligibilité pour les élections présidentielles, permettra sans amalgame au Président Mamadi Doumbouya, en tant que citoyen guinéen remplissant les critères établis, de se présenter comme candidat.
Dans ce contexte, toute objection à la candidature du Général Mamadi Doumbouya pourrait être perçue comme des signes de discrimination, de ségrégation, voire d’acharnement, surtout si l’individu a déjà manifesté des réticences à plusieurs reprises. C’est pourquoi, dans le cadre d’un échange constructif et contradictoire, je suis disposé à discuter avec quiconque sur cette question d’actualité pour défendre ma position. Je crois qu’il est temps pour nous de sortir de l’émotion et revenir à la réalité juridique et constitutionnelle. Nous pouvons défendre nos droits fondamentaux et constitutionnels, mais au-delà des considérations personnelles (le narcissisme) ou aussi de clans politiques notoires. Très cordialement.
PAR MOHAMED LAMINE CAMARA MOLAC, dit MOLAC

