La République de Guinée regorge d’une richesse inestimable : sa jeunesse. Dynamique, innovante et en quête d’opportunités, cette force vive représente le moteur du développement futur du pays. Pourtant, malgré leur potentiel indéniable, les jeunes talents guinéens se heurtent à un obstacle majeur : le défi de l’employabilité.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un taux de chômage des jeunes toujours élevé, une majorité d’emplois confinés au secteur informel, et une inadéquation persistante entre les formations proposées et les besoins réels du marché du travail.
De nombreux diplômés se retrouvent avec des qualifications théoriques, mais sans les compétences pratiques et l’expérience requise par les entreprises, qu’elles soient locales ou internationales.
Le problème n’est pas un manque de volonté de la part de nos jeunes. Bien au contraire, ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l’entrepreneuriat, souvent par nécessité, mais avec une résilience et une créativité admirables.
Toutefois, l’environnement des affaires reste semé d’embûches, manquant parfois de structures de soutien solides et de financements accessibles pour transformer ces initiatives individuelles en succès durables et générateurs d’emplois.
Alors, comment libérer ce potentiel colossal ? La solution passe par une approche synergique et résolue, impliquant tous les acteurs :
Premièrement, l’éducation et la formation professionnelle doivent être repensées. Il est impératif de mettre l’accent sur des programmes alignés avec les secteurs porteurs de l’économie guinéenne: mines, agriculture, élevage, pêche, services, numérique. Cela signifie renforcer les liens entre les universités, les centres de formation technique et le monde de l’entreprise pour co-construire des cursus pertinents, incluant des stages et des alternances qui confèrent aux jeunes l’expérience pratique tant recherchée.
Deuxièmement, les politiques d’emploi doivent être non seulement audacieuses mais aussi concrètement mises en œuvre. L’adoption récente de la Politique Nationale de l’Emploi 2024-2030 est un pas dans la bonne direction. Des institutions comme l’AGUIPE et le FONIJ jouent un rôle crucial. Il faut cependant amplifier leurs actions, les doter de ressources suffisantes et garantir leur efficacité sur le terrain pour toucher un maximum de jeunes.
Enfin, et c’est un point capital pour notre souveraineté économique, nous devons promouvoir activement l’emploi local au sein des entreprises, qu’elles soient nationales ou étrangères. Les grands groupes opérant en Guinée, en particulier dans le secteur minier, ont une responsabilité sociale et économique majeure. Au-delà des cadres légaux, il est essentiel d’instaurer une culture d’intégration de la main-d’œuvre guinéenne qualifiée. Cela passe par des programmes de transfert de compétences, des investissements dans la formation continue des employés locaux, et une réelle priorité donnée aux talents nationaux pour les postes à responsabilités. Les entreprises qui investissent dans le capital humain local ne se contentent pas de remplir un quota ; elles bâtissent un avenir durable, enraciné dans le tissu social et économique du pays.
L’employabilité des jeunes talents guinéens n’est pas un simple défi social ; c’est un impératif économique et un pilier de la stabilité future de la nation. En investissant collectivement dans notre jeunesse, en lui offrant les outils et les opportunités nécessaires pour s’épanouir dignement, nous construisons une Guinée plus prospère, plus résiliente et plus juste.
Victor OUENDENO
Spécialiste et Consultant indépendant en Communication d’entreprise.
Fondateur Directeur Général du Cabinet Bally Multi-Expertises/BMEX

